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Fiche no 01.03.02

01.03 LA SOCIETE

02. Alcool, drogues, médicaments

La notion de " drogue " reste vague. En effet, selon les cultures et les époques, différents produits, différentes substances se sont vus attribués ce qualificatif, sans toutefois que leurs utilisatrices et utilisateurs ne deviennent des " drogué-e-s ". La notion de " drogue " ne peut donc être comprise comme un terme générique, dans la mesure où les produits concernés varient, les usages divergent, et selon l’approche choisie (anthropologique, médicale, pénale, etc.), le fait de consommer des " drogues " est considéré ou non comme problématique.

En ce qui concerne l'addiction, la définition suivante est retenue : " On entend par addiction l'émergence d'un symptôme issu de multiples facteurs, à la fois médicaux, psychologiques et sociaux, impliquant la perte de maîtrise de l'usage du produit. La personne confrontée à des problèmes d'addiction est une personne dont la consommation de produits psychotropes et/ou les conduites compulsives (jeux, web, etc.) ont atteint un seuil qui ne lui permet plus d'être autonome face à son projet de vie et à ses relations sociales ". (Charte du GREA, Groupement Romand d'Etudes des Addictions / Yverdon-les-Bains)

Cadre légal

Le modèle dit des " quatre piliers " (prévention, réduction des risques, thérapie, répression) introduit au début des années nonante par le Conseil fédéral définit une stratégie visant à réduire les problèmes de drogue. La révision partielle de la loi sur les stupéfiants (LStup) acceptée par le peuple le 30 novembre 2008 permet d’ancrer le modèle des " quatre piliers " dans la loi.

Dans un rapport de 20061, la Commission fédérale pour les questions liées aux drogues (CFLD) recommande d’abandonner la politique axée exclusivement sur les drogues illégales pour une " politique réaliste, cohérente, efficace et crédible portant sur l’ensemble des substances psychoactives ". Ce modèle tente de mettre en cohérence les logiques politiques, économiques et culturelles qui s’affrontent sur le champ de l’abus de substances et développe une notion de marché réglementé dans le cadre duquel l’Etat pourrait développer un arsenal réglementaire allant de l’interdiction de vente à la vente libre, le tout assorti de mesures adéquates.

Vision anthropologique de la consommation

Depuis des temps très anciens, l’homme s’est enivré et chaque société a depuis tenté de contenir et d’intégrer le phénomène en établissant des normes et un seuil de tolérance face à la consommation d’alcool, à l’ivresse et à la consommation de substances psychoactives.

Si les pratiques professionnelles s’inspirent dans une large mesure de cette vision anthropologique, notamment en ce qui concerne le pilier de la réduction des risques, la tendance qui se dégage de nombreux débats politiques se situe à l’opposé. La consommation de substances illicites reste marquée du sceau de la déviance et de la délinquance2.

Action auprès des personnes dépendantes

La base légale qui définit la responsabilité de l’Etat dans le traitement de la dépendance figure à l’art. 50 de la loi cantonale sur l’action sociale du 15 décembre 2000 (texte qui reprend les exigences de la LStup art. 15a1) :

L'Etat veille à l'existence des institutions nécessaires à donner des conseils et des soins aux personnes victimes d'alcoolisme ou d'autres dépendances ".

Fondation Dépendances

Actuellement, dans le Jura, c’est la " Fondation Dépendances" institution jurassienne chargée de l’aide aux personnes dépendantes et de la prévention des dépendances qui traite de l’ensemble des questions de dépendances et d’abus de substances.

La Fondation Dépendances est une fondation privée reconnue d’utilité publique par la République et Canton du Jura, et subordonnée au Département de la Santé, des Affaires sociales et des Ressources humaines via le Service de l’action sociale (SAS) en ce qui concerne la surveillance de son activité et son bon fonctionnement.

Les buts de la Fondation Dépendances sont définis comme suit par ses statuts (art. 2) :

§ l’information de la population en matière de dépendances;

§ la prévention des diverses formes de dépendances;

§ l’aide et le soutien aux personnes dépendantes;

§ l’accueil et le traitement des personnes dépendantes;

§ la réadaptation socioprofessionnelle des personnes dépendantes;

§ la collaboration avec les institutions publiques et privées, dans le canton du Jura, dans le Jura bernois et à l’extérieur, travaillant dans le domaine des dépendances.

La Fondation Dépendances dispose de deux secteurs d’intervention :

§ trans-AT (Delémont et Porrentruy), secteur ambulatoire 

§ Clos-Henri (Le Prédame), secteur résidentiel

Le modèle d’intervention proposé se singularise par la prise en charge, dans chacun des secteurs, de personnes en situation d’abus de substances ou de dépendance, toutes substances psychoactives confondues.

Sites internet utiles : http://www.alcochoix.ch

Adresses utiles : QAR1 011

1 Commission fédérale pour les questions liées aux drogues. (2006). D’une politique des drogues illégales à une politique des substances psychoactives. Berne : Editions Hans Huber

2 Dépendances, revue éditée par l’ISPA et le GREA, Lausanne : ISPA GREA

Jeanrenaud C. et al. (2003). Le coût social de l’abus d’alcool en Suisse. Université de Neuchâtel (sur mandat de l’OFSP avec ISPA, HealthEcon et l’Unité d’alcoologie du CHUV)

Jeanrenaud C. et al. (2005). Le coût social de la consommation de drogues illégales en Suisse. Université de Neuchâtel (sur mandat de l’OFSP)

Stoll B. et al. (2004). Les interventions brèves pour les consommateurs d’alcool à risque – Manuel d’apprentissage à l’attention des médecins de premier recours. Genève : OFSP, FMH, ISPA, IUMSP

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